Sur certains axes de montagne, la route ne longe pas seulement un versant : elle vit sous sa menace. Une falaise instable, surplombant la chaussée, peut libérer à tout moment pierres et blocs rocheux vers la voie de circulation et les biens en aval. Face à ce risque récurrent, une protection ponctuelle ou un simple grillage pare-blocs finit par montrer ses limites. La réponse durable passe alors par un ouvrage capable d’absorber physiquement l’énergie de l’impact : le merlon de protection renforcé par géogrilles.
Un problème différent d’un talus classique. Contrairement à un remblai routier soumis à des charges statiques et progressives, un merlon pare-blocs doit encaisser un choc ponctuel et violent. Le sol seul n’a pas la cohésion nécessaire pour résister à ce type de sollicitation sur une pente raide, et l’emprise disponible entre la route et le pied de falaise est le plus souvent très réduite. Impossible d’étaler l’ouvrage sur une pente douce. Il faut donc une structure compacte, fortement inclinée, mais suffisamment armée pour ne jamais céder sous l’impact ni glisser sous son propre poids.
La solution : une géogrille adaptée à chaque niveau de l’ouvrage. La réponse technique consiste à construire le merlon en couches successives de sol compacté, renforcées à intervalles rapprochés (de l’ordre de 0,66 à 0,68 m) par des nappes de géogrille Secugrid® en polyester. Fait notable : la résistance de la géogrille n’est pas uniforme sur toute la hauteur de l’ouvrage. Les nappes basses, les plus sollicitées, reçoivent des géogrilles à résistance renforcée (jusqu’à 200/40 R6), tandis que les nappes supérieures, moins chargées, peuvent utiliser des références plus légères. Cette gradation optimise à la fois la performance et le coût de l’ouvrage.
Deux structures, deux fonctions. Un merlon pare-blocs efficace combine généralement deux profils distincts, séparés par une risberme intermédiaire. La partie basse, la plus exposée aux impacts directs, adopte une pente très raide (jusqu’à 79°) avec un parement minéral en matériaux pierreux derrière un treillis métallique galvanisé. Un parement pensé pour résister à l’abrasion et au choc. La partie haute, moins exposée, adopte une pente plus modérée (45°, soit 1H/1V) avec un parement végétalisé, qui limite l’érosion de surface tout en améliorant l’intégration paysagère de l’ouvrage dans son environnement naturel.
Une solution économique par son principe même. L’un des atouts majeurs de cette approche est le réemploi du sol disponible sur site comme matériau de remplissage du merlon, réduisant fortement les besoins d’apport de matériaux extérieurs. Un avantage à la fois économique et environnemental, particulièrement pertinent pour des chantiers en zone reculée où l’accès aux matériaux est coûteux. La géométrie de l’ouvrage s’adapte aux contraintes exactes du terrain, et le choix du parement final reste flexible selon les zones à traiter : minéral, végétalisé, ou combinaison des deux.
Une réponse transposable aux reliefs marocains. Ce type d’ouvrage prend tout son sens sur les axes routiers et pistes agricoles longeant des versants rocheux fracturés, dans le Rif, le Moyen Atlas, le Haut Atlas ou certaines zones de l’Oriental exposées à l’érosion et aux chutes de blocs après épisodes pluvieux intenses. Plutôt que de fermer une route après chaque incident ou de multiplier les interventions d’urgence, un merlon pare-blocs dimensionné et renforcé correctement transforme une menace récurrente en risque maîtrisé, de façon durable.
Chez TEMAGRI, ce type de projet illustre notre capacité à sortir du seul champ du soutènement de remblai pour répondre à des problématiques de protection active contre les aléas naturels, toujours avec la même exigence : un dimensionnement justifié, une géogrille adaptée à la fonction réelle de chaque partie de l’ouvrage, et une exécution de chantier sans compromis.


