NAUE Steel T : quand le sol du site devient la matière première d’un mur de soutènement

Sur un chantier de terrassement, la question la plus coûteuse n’est presque jamais comment construire, c’est avec quels matériaux. Importer des matériaux nobles pour stabiliser un talus ou monter un mur de soutènement, c’est accepter des coûts de transport élevés, des délais d’approvisionnement, et une empreinte environnementale difficile à justifier sur un projet d’infrastructure ou agricole. Le système NAUE Steel T, combinant géogrille Secugrid® et parement en treillis métallique, part d’un postulat inverse : le sol du site, y compris lorsqu’il est cohésif, peut devenir la matière première principale de l’ouvrage, à condition d’être correctement confiné et renforcé.

Le problème : construire raide, économique, et sur un sol qu’on refuserait ailleurs. Les sols cohésifs sont généralement évités en remblai classique : difficiles à compacter de façon homogène, sensibles à l’eau, peu fiables en résistance au cisaillement sans traitement. Or c’est précisément sur ce type de terrain, souvent le seul disponible sur site, que de nombreux projets de soutènement doivent se réaliser. Talus instables en zone agricole, accès routiers en relief accidenté, réparation de glissements de terrain après un épisode pluvieux. Ajoutez à cela une contrainte d’emprise réduite imposant des pentes fortement inclinées, parfois jusqu’à la verticale, et l’équation devient difficile à résoudre avec des méthodes de terrassement classiques.

La solution technique : une géogrille monolithique et un parement qui se construit lui-même. Le renforcement repose sur des géogrilles Secugrid® en polyester, fabriquées par extrusion uniforme d’une barre de renforcement plate à structure moléculaire homogène et continue, atteignant un module de traction élevé sous faible allongement. Les barres longitudinales et transversales sont assemblées par une soudure brevetée, produisant une géogrille véritablement monolithique. C’est un point clé pour une reprise homogène des efforts sur toute la largeur du massif, sans point de faiblesse aux jonctions. Le parement, lui, est constitué d’un treillis métallique qui sert de coffrage temporaire : à chaque couche, le treillis est mis en tête de talus, la géogrille est déroulée à plat, le remblai est mis en œuvre et compacté, puis le treillis est rabattu sur le remblai compacté pour former la face visible du parement avant que le cycle ne recommence pour la couche suivante. Cette répétitivité, huit étapes identiques d’un niveau à l’autre, est ce qui rend le système rapide à mettre en œuvre sans coffrage béton ni temps de séchage.

Une flexibilité de conception rarement égalée. Le système couvre une plage d’inclinaison exceptionnellement large : de talus végétalisés à 45°-70° jusqu’à des murs de soutènement verticaux à 90°. Les espacements entre nappes de géogrille sont ajustables selon la configuration de parement retenue, ce qui permet d’adapter l’ouvrage aux contraintes exactes du terrain plutôt que d’imposer une géométrie standard. Sur les talus à forte inclinaison, la végétalisation directe du parement reste possible grâce à des mesures de végétation spécifiques et des systèmes d’irrigation adaptés, complétés au besoin par un géomatelas anti-érosion ou un géotextile non-tissé pour la protection de surface et la filtration.

Un champ d’application qui dépasse le seul mur de soutènement. La technologie couvre en réalité cinq familles d’usage bien distinctes : la réparation de glissements de terrain et la réhabilitation de talus existants, la stabilisation de pentes jusqu’à 90°, la végétalisation de talus raides à vocation paysagère, la construction de murs de soutènement à proprement parler, et deux applications plus spécifiques mais fréquentes en contexte routier, les barrières anti-bruit et les merlons de protection contre les chutes de blocs. Un même savoir-faire de pose permet donc de répondre à des besoins très différents sur un même projet d’infrastructure, sans multiplier les technologies ni les équipes spécialisées.

L’argument économique et écologique central. Le bénéfice le plus souvent sous-estimé de ce système n’est pas mécanique mais logistique : la possibilité d’utiliser les sols du site, y compris cohésifs, éventuellement traités à la chaux ou au ciment lorsque nécessaire, réduit fortement le besoin d’importer des matériaux plus nobles. Moins de transport signifie moins de pollution, moins de coût, et une meilleure préservation des ressources naturelles locales. Pour un maître d’ouvrage agricole ou institutionnel marocain confronté à des sols marneux ou argileux difficiles à valoriser autrement, c’est un changement de paradigme : le sol jugé problématique devient une ressource exploitable, à condition d’être structuré correctement.

Une solution taillée pour les reliefs marocains. Talus instables du Rif et du Prérif, pistes agricoles du Haouz ou du Souss-Massa traversant des sols argileux difficiles, protection de routes rurales de l’Oriental exposées à l’érosion, réhabilitation de glissements de terrain après crue dans le Gharb ou le Tadla : dans tous ces contextes, la logique reste identique. Confiner le sol disponible plutôt que le remplacer, construire par couches répétitives plutôt que par coffrage lourd, et adapter la pente et le parement à la contrainte réelle du terrain plutôt qu’à un standard générique.

Chez TEMAGRI, ce système illustre une conviction que nous défendons sur chaque projet : la meilleure solution géosynthétique n’est pas celle qui impose le plus de matériaux extérieurs, mais celle qui tire le meilleur parti de ce que le terrain offre déjà, avec la rigueur technique nécessaire pour que cette économie de moyens ne se traduise jamais par une économie de sécurité.

Partagez ce post sur vos réseaux sociaux

Nous fournissons exclusivement des produits de qualité