Un contrôle de soudure réussi ne garantit pas une membrane sans défaut. Une piqûre causée par une pierre lors du remblaiement, une micro-porosité sur une zone courante loin de toute soudure ces défauts échappent totalement aux essais classiques de traction-pelage ou de canal à air, qui ne portent que sur les cordons de soudure. C’est pour combler cette zone aveugle qu’existe le Contrôle d’Étanchéité par procédé électrique (CET).
Un principe physique simple : le courant trouve le trou
Le PEHD est un excellent isolant électrique ; le sol humide, lui, conduit le courant. En appliquant une différence de potentiel entre une électrode posée sur la couche de recouvrement et une électrode de masse dans le sol, tout défaut traversant la membrane même de quelques millimètres devient un chemin de passage du courant, détecté et localisé avec précision. Deux méthodes normalisées encadrent cette technique : l’ASTM D7007 pour les principes généraux de localisation électrique, et l’ASTM D7703 / D6747 pour les protocoles pratiques, selon que la membrane est recouverte de terre, de sable ou immergée sous une couche d’eau.
Le seul contrôle possible une fois la membrane recouverte
Sa spécificité est de s’appliquer après la pose du matériau de protection sable, géotextile, terre végétale sur les talus c’est-à-dire précisément au moment où plus aucun contrôle visuel n’est possible. Or c’est justement l’opération de remblaiement elle-même qui expose le plus la membrane aux risques mécaniques : une pierre mal évacuée, un engin qui frotte, un outil oublié sous la couche de protection. Le CET révèle ces incidents avant qu’ils ne deviennent des fuites en exploitation.
Une condition technique à respecter : le sol de recouvrement doit être suffisamment humide pour assurer la conductivité nécessaire à la détection. Sur chantier, cela implique parfois d’humidifier légèrement la couverture, ou de programmer le contrôle après une pluie.
Un cycle détection, réparation, revalidation
Chaque défaut détecté est géolocalisé et marqué, puis réparé selon la méthode habituelle patch avec recouvrement minimum de 10 à 15 cm, soudure par extrusion. Un second passage électrique, ciblé sur la zone réparée, confirme la remise en conformité avant validation finale. L’ensemble de ce cycle est consigné dans le dossier des ouvrages exécutés, aux côtés des essais de soudure et des contrôles de terrassement déjà réalisés.
Le scénario que ce contrôle permet d’éviter
Sans CET, la seule façon de détecter un défaut caché reste l’observation d’une baisse de niveau après remplissage un signal tardif, imprécis, qui oblige souvent à vidanger partiellement le bassin pour localiser le point de fuite. Réalisé avant la mise en eau définitive, le CET permet au contraire de trouver et réparer un défaut pendant que le bassin est encore accessible, sans interruption d’irrigation et sans perte de saison agricole.
C’est un contrôle discret, techniquement pointu, mais qui fait souvent la différence entre un bassin livré avec une garantie réelle et un bassin livré sur la seule confiance qu’aucune pierre n’a traversé la membrane pendant le remblaiement.


